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Valkyries : celles qui choisissent les tués dans la mythologie nordique

VikingsBrand
Par VikingsBrand9 min de lecture · Publié le 1 May 2019 · Mis à jour le 28 August 2026
Armored valkyrie on horseback riding above a storm-lit battlefield with spear raised and ravens circling

Une valkyrie (vieux norrois valkyrja, « celle qui choisit les tués ») est un esprit féminin au service d’Odin dans la mythologie nordique. Envoyées à chaque bataille, les valkyries décident qui meurt, répartissent la victoire et conduisent les guerriers élus au Valhalla, où elles servent la bière aux morts. L’Edda poétique et l’Edda de Snorri en nomment des dizaines.

Peu de figures de la mythologie nordique ont voyagé aussi loin que la valkyrie. Elle chevauche à travers les opéras, les jeux vidéo et les bandes dessinées, le plus souvent coiffée d’un casque ailé qu’aucun Viking n’a jamais vu. Les sources médiévales décrivent quelque chose de plus étrange : un esprit de bataille capable de vous servir à boire un soir et de tisser votre mort avec des entrailles le lendemain. Ce guide s’en tient à ce que disent réellement les textes.

Que signifie valkyrie ?

Le mot vieux norrois valkyrja est un composé de valr, les tués laissés sur un champ de bataille, et du verbe kjósa, choisir. Une valkyrja est littéralement « celle qui choisit les tués », et le pluriel est valkyrjur. Le français a emprunté le mot sous la forme valkyrie ; l’allemand l’a transformé en Walküre, la forme que Wagner a mise en musique.

Le nom décrit un métier. Les valkyries ne se contentent pas de ramasser les morts quand le combat est fini. Elles désignent d’abord qui tombera, en agents d’Odin sur le champ de bataille. Le vieil anglais a conservé un mot apparenté, wælcyrge, que les glossateurs appliquaient aux furies et aux sorcières, signe que l’idée était plus ancienne et plus large que les manuscrits islandais.

Que disent les sources nordiques sur les valkyries ?

Le résumé le plus clair se trouve dans l’Edda de Snorri Sturluson. Au chapitre 36 de la Gylfaginning, Snorri écrit qu’Odin envoie les valkyries à chaque bataille, où elles déterminent quels hommes sont destinés à mourir et décident qui obtient la victoire. Elles servent aussi au Valhalla, portant la boisson et tenant la table des einherjar, les morts choisis d’Odin. Pour leurs noms, Snorri cite un poème plus ancien.

Des valkyries portant des cornes d’hydromel à des guerriers assis à de longues tables dans la salle dorée du Valhalla

Ce poème plus ancien est le Grímnismál. Parlant sous un déguisement, Odin nomme les valkyries qui portent la bière à ses guerriers, à commencer par Hrist et Mist, qui lui apportent sa corne, et en énumérant près d’une douzaine d’autres à la strophe 36. Vous pouvez lire le poème en entier dans la traduction de Henry Adams Bellows (1923) de l’Edda poétique sur sacred-texts.com.

La Völuspá, premier poème de l’Edda poétique, montre l’autre face du métier. Dans sa strophe des valkyries (30 dans la plupart des éditions, 31 dans la numérotation de Bellows), la voyante les voit rassemblées de loin, prêtes à chevaucher vers le peuple des dieux, et nomme des cavalières comme Skuld, Göndul et Geirskögul. Ici, elles ne sont pas des servantes de salle. Elles forment une bande guerrière à cheval.

Le métier à tisser de la guerre : le visage le plus sombre des valkyries

La scène de valkyries la plus sinistre de la littérature vieux norroise figure dans la saga de Njáll. Le jour de la bataille de Clontarf, en 1014, un homme du Caithness voit douze cavalières entrer dans une cabane et se mettre à tisser. Leur chant, le Darraðarljóð, décrit un métier lesté de têtes coupées et tendu d’entrailles humaines, dont les outils sont faits d’armes : lances, flèches et épée. Tandis qu’elles tissent, les femmes choisissent qui mourra dans la bataille qui se livre ce jour-là, puis déchirent l’étoffe et s’éloignent à cheval.

Des mains actionnant un métier à tisser à poids à la lueur d’une torche, évoquant le métier de la guerre chanté dans le Darraðarljóð

Le Hákonarmál, composé par le scalde Eyvindr skáldaspillir et conservé dans la Heimskringla, en donne la version solennelle. Odin envoie les valkyries Göndul et Skögul sur un champ de bataille de Norvège pour décider quel roi doit tomber et pour conduire Hákon le Bon au Valhalla. Le roi mourant proteste qu’il avait mérité la victoire de la part des dieux ; Skögul répond que les valkyries lui ont donné le champ de bataille, et qu’il est maintenant rappelé chez lui.

De nombreux spécialistes lisent ces deux visages, la gracieuse porteuse de bière du Valhalla et le démon qui choisit les cadavres au métier à tisser, comme des étapes dans l’évolution de la figure : un esprit du champ de bataille plus ancien et plus sauvage, lentement apprivoisé pour devenir la suite ordonnée d’Odin. Les sources ne le disent jamais. C’est une interprétation, mais la tension entre les deux portraits traverse toute la tradition.

Quelles valkyries ont aimé des héros mortels ?

Dans les poèmes héroïques de l’Edda poétique, les valkyries sortent de l’ombre d’Odin pour entrer dans des histoires d’amour. Sigrún, fille de roi et valkyrie, choisit le héros Helgi Hundingsbane contre la volonté de sa famille. Leur histoire occupe les deux poèmes de Helgi Hundingsbane et finit dans le deuil : Helgi est tué par le frère de Sigrún, et la prose qui suit dit qu’elle mourut jeune de chagrin.

Le Sigrdrífumál s’ouvre sur le héros Sigurd qui réveille une dormeuse en armure, à l’intérieur d’un rempart de boucliers sur une montagne. C’est la valkyrie Sigrdrífa, et elle explique son sort sans détour. Elle a abattu Hjálmgunnar, un roi à qui Odin avait promis la victoire ; Odin l’a donc piquée avec une épine de sommeil et a déclaré qu’elle ne remporterait plus jamais de victoire au combat et qu’elle se marierait. Dans la saga des Völsungar, la valkyrie endormie est Brynhild, et les lecteurs se demandent depuis lors si Sigrdrífa et Brynhild étaient à l’origine une seule figure ou deux.

Voilà les noms célèbres, avec Göndul et Skögul évoquées plus haut. Des dizaines d’autres ont survécu, de Hildr à Herfjötur, la plupart construits à partir de mots pour la bataille, le bruit et les entraves. Nous en gardons la liste complète, avec les significations, dans notre guide des noms de valkyries et de leurs significations.

Les valkyries sont-elles des déesses ?

Non. Les sources ne comptent jamais les valkyries parmi les Ases ou les Vanes. Ce sont des esprits semi-divins au service d’Odin : surnaturelles, de longue vie, capables de chevaucher dans les airs et sur la mer dans les poèmes de Helgi, mais toujours des agents plutôt que des puissances à part entière. Dans la poésie héroïque, la frontière s’efface plutôt vers le bas, puisque Sigrún et Brynhild sont à la fois valkyries et filles de rois mortels.

Leur place dans le système de l’au-delà est aussi plus étroite que ne le suggère la culture populaire. Les valkyries conduisent les élus d’Odin au Valhalla, mais le Grímnismál 14 affirme que Freyja choisit chaque jour la moitié des tués pour son domaine, Fólkvangr, tandis qu’Odin a l’autre moitié. Les poèmes annoncent ce partage sans jamais l’expliquer. Les deux salles, et les guerriers qui y attendent, ont chacune leurs histoires.

Existe-t-il des preuves archéologiques des valkyries ?

Peut-être, mais avec un gros astérisque. En 2012, des détectoristes ont trouvé à Hårby, au Danemark, une petite figurine en argent doré représentant une femme tenant une épée dressée et un bouclier rond. De petites images de l’âge viking montrant des femmes porteuses d’armes ou de cornes à boire, en métal ou sur des pierres ornées, apparaissent partout en Scandinavie, et on les appelle couramment des figures de valkyries.

« Couramment » est le mot clé. Aucun de ces objets ne porte d’étiquette, et l’identification relève de l’interprétation moderne, pas de la certitude. La femme de Hårby pourrait représenter une valkyrie, une déesse ou quelque chose pour quoi nous n’avons pas de mot. Ces trouvailles prouvent que les figures féminines armées comptaient dans l’imagerie de l’âge viking. Ce que leurs auteurs voulaient dire, le métal ne le dit pas.

Comment Wagner a donné des ailes aux valkyries

L’opéra de Richard Wagner, La Walkyrie (Die Walküre), a été créé en 1870, et sa Chevauchée des Walkyries est devenue l’un des morceaux de musique les plus reconnaissables jamais écrits. La Brünnhilde de Wagner, et les casques ailés conçus pour les premières mises en scène de sa Tétralogie, ont fixé l’image que la plupart des gens portent aujourd’hui : une femme en armure avec des ailes sur son casque. Aucun texte nordique ne donne d’ailes aux valkyries. Elles chevauchent des chevaux.

Le plus proche parent nordique de la valkyrie ailée est la femme-cygne. Dans la Völundarkviða, trois jeunes femmes qui revêtent des plumages de cygne épousent le forgeron Völund et ses frères, et l’introduction en prose du poème les appelle des valkyries. Ce recoupement a suffi pour que les plumes entrent dans la tradition bien avant Hollywood. La Valkyrie de Marvel et les valkyries à affronter dans les jeux God of War empruntent le nom nordique et, le plus souvent, la silhouette de Wagner.

Ce que l’on exprime en portant l’image d’une valkyrie

Soyons honnêtes d’abord sur l’archéologie : aucun pendentif de l’âge viking n’est accompagné d’un nom de valkyrie confirmé, et la valkyrie au casque ailé est un costume de scène du XIXe siècle. Ce qui survit de l’époque, c’est l’idée, celle d’une figure féminine à qui l’on confie le jugement sur la vie et la mort, et de petites femmes en argent portant des épées qui l’incarnent peut-être.

Bagues et pendentifs en argent de style skjaldmö disposés à plat sur du lin sombre

Cette idée est ce que la plupart des gens recherchent aujourd’hui en portant l’image d’une valkyrie ou d’une skjaldmö : le courage, la détermination, la loyauté envers les tombés, une force féminine que les sagas prenaient au sérieux. Porté ainsi, le symbole est une affirmation de caractère plutôt qu’un costume, et il n’a pas besoin d’ailes pour fonctionner.

FAQ : les valkyries dans la mythologie nordique

Qu’est-ce qu’une valkyrie ?

Une valkyrie est un esprit féminin de la mythologie nordique qui sert Odin en choisissant les tués. Envoyées à chaque bataille, les valkyries décident quels guerriers meurent, accordent la victoire et conduisent les morts élus au Valhalla, où elles leur servent la bière. Elles apparaissent dans toute l’Edda poétique et dans l’Edda de Snorri Sturluson.

Que signifie valkyrie ?

Valkyrie vient du vieux norrois valkyrja, un composé de valr, les tués d’un champ de bataille, et de kjósa, choisir. Le mot signifie littéralement « celle qui choisit les tués ». Le pluriel est valkyrjur. Le français a repris le mot sous la forme valkyrie, tandis que l’allemand en a fait Walküre, la forme que Richard Wagner a rendue célèbre dans le monde entier.

Les valkyries sont-elles des déesses ?

Non. Les sources nordiques ne comptent jamais les valkyries parmi les déesses. Ce sont des esprits semi-divins au service d’Odin, qui choisissent les tués et servent la bière au Valhalla. Dans les poèmes héroïques, la frontière s’estompe, puisque des figures comme Sigrún et Brynhild sont à la fois valkyries et filles de rois mortels, mais aucun texte ne leur accorde le rang des Ases.

Les valkyries ont-elles des ailes ?

Aucun texte nordique ne donne d’ailes aux valkyries. Dans les Eddas, elles chevauchent des chevaux, portent la cotte de mailles et tiennent des lances. Le casque ailé vient des costumes dessinés pour les mises en scène de la Tétralogie de Wagner au XIXe siècle. L’image nordique la plus proche est celle des femmes-cygnes de la Völundarkviða, dont les plumages de cygne se sont ensuite fondus dans l’image populaire de la valkyrie.

Où les valkyries emmènent-elles les morts ?

Les valkyries conduisent les guerriers qu’Odin choisit au Valhalla, sa salle d’Asgard. Le poème Grímnismál, strophe 14, ajoute que la déesse Freyja choisit chaque jour la moitié des tués pour son propre domaine, Fólkvangr, tandis qu’Odin garde l’autre moitié. Les poèmes énoncent ce partage clairement sans jamais expliquer comment il fonctionnait.

Quelles sont les valkyries les plus célèbres ?

Sigrún, qui défie son père pour aimer le héros Helgi Hundingsbane ; Sigrdrífa, la valkyrie endormie du Sigrdrífumál, souvent identifiée à Brynhild de la saga des Völsungar ; et Göndul et Skögul, qui escortent le roi Hákon le Bon au Valhalla dans le poème Hákonarmál. Des dizaines d’autres noms survivent dans les poèmes eddiques et dans les listes de Snorri.

Sources

  • L’Edda poétique : Völuspá, Grímnismál, les poèmes de Helgi, le Sigrdrífumál et la Völundarkviða, dans la traduction de Henry Adams Bellows (1923) sur sacred-texts.com.
  • Snorri Sturluson, Edda de Snorri, Gylfaginning, chapitre 36.
  • Saga de Njáll, épisode du Darraðarljóð.
  • Eyvindr skáldaspillir, Hákonarmál, conservé dans la Heimskringla de Snorri.

Pour aller plus loin : notre aperçu de la mort et de l’au-delà dans la mythologie nordique, les deux salles qui reçoivent les élus parmi les tués, le Valhalla et Fólkvangr, ou portez l’idée avec nos bijoux skjaldmö en argent pour femme.

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