Signification des runes : les 24 runes du futhark ancien
Le futhark ancien est le plus vieil alphabet runique : 24 lettres employées d’environ 150 à 800 apr. J.-C. Chaque rune notait un son et portait un nom qui était aussi un mot ordinaire, comme Fehu, « bétail », donc richesse. Ce guide donne la signification des runes, de Fehu à Othala : leur nom et leur son reconstitués, ce qu’en disent les poèmes runiques médiévaux, puis la lecture moderne, à l’endroit et à l’envers, utilisée aujourd’hui en divination runique, avec la prononciation.
Les alphabets runiques sont les premiers signes écrits créés par les peuples germaniques, et les Norrois ont continué à écrire en runes pendant des siècles. On trouve encore aujourd’hui des runes du futhark ancien sur des bijoux, et les runes ont aussi leur place dans le mythe nordique : dans le poème Hávamál, Odin obtient les runes en restant pendu neuf nuits à un arbre battu par le vent. Dans la vie quotidienne, les runes étaient des lettres, qui servaient à écrire plusieurs langues germaniques. Chaque rune portait aussi un nom qui était un mot courant, et c’est de ce nom que part sa signification. L’idée que chaque rune représente une force cosmique, de sorte qu’en l’écrivant on en invoque la puissance, vient d’auteurs ésotériques modernes et non de l’époque viking ; elle appartient aux lectures modernes, et non à ce que les sources nous disent des symboles nordiques et de leur signification. Les runes étaient gravées sur la pierre, le bois, l’os et le métal, et leur forme se prête à la gravure : surtout des hastes droites et des diagonales, peu de courbes et aucun trait horizontal, difficile à distinguer dans le fil du bois.
Essayez par vous-même : traduisez n’importe quel nom ou mot en runes du futhark ancien avec notre traducteur de runes gratuit, puis copiez le résultat ou téléchargez une carte.
Origines de l’alphabet runique
Le mot « rune » est ancien. Le vieux norrois rún signifie à la fois une rune et un secret, le gotique rūna « secret, mystère », et le vieil anglais rūn « secret » ou « murmure ». L’allemand moderne Rune désigne simplement une lettre runique, et le verbe apparenté raunen veut dire « murmurer ». Le sens le plus ancien du mot semble donc être quelque chose de caché ou dit à voix basse, et ce n’est que plus tard qu’il a désigné la lettre elle-même. Les plus anciennes inscriptions runiques datent du IIe siècle apr. J.-C. À l’époque viking, les Norrois utilisaient les runes, et avec la progression du christianisme elles ont été peu à peu remplacées par l’alphabet latin. Elles n’ont pourtant jamais complètement disparu : en Dalécarlie, en Suède, on a continué à écrire dans une écriture runique locale jusque dans les années 1800, et aujourd’hui les runes servent à la décoration des bijoux et des objets d’art.
Les alphabets runiques sont aussi appelés « futharks ». Ils doivent ce nom aux sons de leurs six premières runes, f, u, th, a, r et k (Fehu, Uruz, Thurisaz, Ansuz, Raidho et Kenaz, aussi reconstitué en Kaunan).
On distingue les trois alphabets runiques les plus connus :
1. Le futhark ancien (24 signes, employé de 150 à 800 apr. J.-C.),
2. Le futhorc anglo-saxon (jusqu’à 33 signes, employé d’environ 400 à 1100 apr. J.-C.),
3. Le futhark récent (16 signes, employé de 800 à 1100 apr. J.-C.).
Nous allons ici vous parler du plus ancien alphabet runique et de sa signification : la signification des runes du futhark ancien. Les informations que l’on trouve sur le sens des runes peuvent sembler écrasantes. Nous ferons donc de notre mieux pour que cet article soit aussi instructif et aussi simple que possible.
À VOIR AUSSI : nous proposons également un beau choix de bagues au futhark ancien, de bracelets vikings, de boucles d’oreilles vikings et de colliers au thème du futhark ancien.
Quelles sont les runes du futhark ancien ?
Le futhark ancien est le plus vieil alphabet runique. Il compte 24 runes, chacune avec son nom et son son. Quand l’époque viking a commencé, les Scandinaves l’avaient déjà réduit au futhark récent de 16 runes : les Vikings écrivaient donc eux-mêmes avec la rangée récente, et le futhark ancien est celui que la plupart des guides de signification des runes utilisent aujourd’hui. Ses runes sont regroupées en trois rangées de huit, appelées ættir (au singulier ætt). Cette division est ancienne : deux pendentifs en or de Suède datant d’environ le VIe siècle, les bractéates de Vadstena et de Grumpan, marquent déjà la rangée en trois groupes.
La tradition islandaise ultérieure a nommé les trois rangées du futhark récent l’ætt de Freyr, l’ætt de Hagall (d’après la rune de la grêle) et l’ætt de Týr (d’après la rune de Týr). L’usage moderne qui attribue chaque rangée à des dieux, avec Freyr et Freyja, divinités de la fertilité, pour la première, Heimdall pour la deuxième et Tyr pour la troisième, vient des livres de runes modernes et non des sources nordiques. On n’a retrouvé que quelques centaines d’inscriptions en futhark ancien, et beaucoup sont courtes, usées ou difficiles à lire.
Les plus anciennes inscriptions sont surtout des noms et de courtes phrases : un propriétaire, un fabricant, un hommage. Certaines inscriptions plus tardives et des poèmes de l’Edda emploient bien les runes comme charmes, pour la victoire, la guérison ou une traversée sans danger. Lire chaque rune à l’endroit et à l’envers, comme le font les sections modernes ci-dessous, est une pratique du XXe siècle : le tirage de runes, avec un sens pour chaque rune et des lectures pour les runes inversées, a été popularisé par The Book of Runes de Ralph Blum en 1982. Dans ce système, les runes dont la forme n’est pas symétrique peuvent être tracées à l’envers ou en miroir (merkstave) et se lisent avec un sens affaibli ou opposé.
Aucune liste des noms du futhark ancien ne nous est parvenue de l’époque. Les noms sont reconstitués à partir de trois poèmes runiques mis par écrit des siècles plus tard : le poème runique en vieil anglais, qui couvre les 24 runes et davantage, ainsi que le poème runique norvégien et le poème runique islandais, qui ne couvrent que les 16 runes du futhark récent. Certains noms sont sûrs, d’autres sont des hypothèses raisonnées, et les prononciations données ci-dessous sont approximatives.
Voyons maintenant la signification des runes du futhark ancien, des sources jusqu’aux lectures modernes.
1. Fehu ᚠ (Prononciation : fé-hou)

Nom et son : la rune « f ». Nom reconstitué fehu, « bétail », donc richesse mobile (vieux norrois fé, vieil anglais feoh).
Dans les poèmes runiques : les trois poèmes y lisent la richesse. Le poème en vieil anglais dit que la richesse est un réconfort pour chacun, mais que chacun doit la partager généreusement s’il veut la gloire devant le Seigneur. Le poème norvégien dit que la richesse provoque des querelles entre parents, et le poème islandais l’appelle la querelle des parents, le feu de la mer et le chemin du serpent, des noms poétiques de l’or.
Lecture moderne : prospérité, bonheur et gain financier, signe d’espoir et d’abondance. À l’envers, elle se lit comme une déception, une mauvaise décision ou un échec personnel.
2. Uruz ᚢ (Prononciation : ou-rouz)
Nom et son : la rune « u ». Nom reconstitué ūruz, « aurochs », le bœuf sauvage d’Europe, aujourd’hui disparu. Ce nom repose sur le poème en vieil anglais.
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais décrit l’aurochs comme féroce et aux grandes cornes, un hardi arpenteur de landes qui combat de ses cornes. Dans les deux poèmes nordiques, le nom est úr et signifie autre chose : le poème norvégien dit que les scories viennent du mauvais fer, et le poème islandais l’appelle les pleurs des nuages et la haine du berger, autrement dit la bruine.
Lecture moderne : force physique, spirituelle et émotionnelle, santé, puissance indomptable comme celle d’un bœuf sauvage, courage pour surmonter les obstacles et changement inattendu en mieux. À l’envers, elle se lit comme de la faiblesse, une force mal dirigée, de la brutalité et de la violence envers les autres.
3. Thurisaz ᚦ (Prononciation : thou-ri-saz)
Nom et son : la rune « þ », qui se prononce comme « th » dans l’anglais « thin ». Nom reconstitué þurisaz, « géant » (vieux norrois þurs). Le poème en vieil anglais l’appelle þorn, « épine ».
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que l’épine est très acérée, douloureuse à saisir et cruelle pour quiconque se couche parmi les épines. Le poème norvégien dit que le géant cause la maladie des femmes, et le poème islandais l’appelle le tourment des femmes et l’habitant des falaises. Les livres modernes rattachent souvent cette rune au dieu Thor ; aucun poème runique ne le fait.
Lecture moderne : prudence, protection et avertissement d’une possible embuscade. À l’envers, elle se lit comme un danger, de la malveillance, une trahison et de l’impuissance.
4. Ansuz ᚨ (Prononciation : ann-souz)
Nom et son : la rune « a ». Nom reconstitué ansuz, « un dieu », l’un des Ases (vieux norrois áss, écrit óss dans les poèmes).
Dans les poèmes runiques : le poème islandais appelle óss l’ancien Gautr, prince d’Ásgarðr et seigneur du Valhalla, c’est-à-dire Odin. Le poème norvégien lit óss comme une embouchure de fleuve, la voie de la plupart des voyages, et le ōs du vieil anglais est la source de toute parole, un soutien de la sagesse et un réconfort pour les sages.
Lecture moderne : bonne communication, prophétie, sagesse, et signes qui mènent à la bonne décision. À l’envers, elle se lit comme un malentendu, une illusion ou une tromperie, que certains lecteurs modernes attribuent à Odin.
5. Raidho ᚱ (Prononciation : raï-dho)
Nom et son : la rune « r ». Nom reconstitué raidō, « chevauchée, voyage » (vieux norrois reið, vieil anglais rād).
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais plaisante : chevaucher paraît facile à tout guerrier assis dans la salle, et très dur pour celui qui, sur un cheval robuste, avale les longues lieues. Le poème norvégien dit que la chevauchée est le pire pour les chevaux et que Reginn a forgé la meilleure épée ; le poème islandais l’appelle la joie du cavalier, un voyage rapide et la peine du cheval.
Lecture moderne : voyage physique et spirituel, changement, adaptabilité et vision d’ensemble ; certains lecteurs y ajoutent des retrouvailles avec de vieux amis. À l’envers, elle se lit comme de la stagnation et du retard, et comme un appel à reconsidérer votre comportement et à tirer leçon de vos erreurs.
6. Kenaz ᚲ (Prononciation : ké-naz)
Nom et son : la rune « k ». Son nom en futhark ancien est incertain : on le reconstitue soit en kenaz, « torche », d’après le vieil anglais cēn, soit en kaunan, « plaie, ulcère », d’après le norrois kaun.
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que la torche est connue de tout être vivant par son feu, pâle et vif, qui brûle là où les nobles se reposent à l’intérieur. Le poème norvégien dit que l’ulcère est le fléau des enfants, et le poème islandais l’appelle un mal des enfants et une demeure de chair pourrie.
Lecture moderne : une torche, un feu et un phare : une lumière qui chasse l’obscurité, la créativité, le progrès et le développement personnels. À l’envers, elle se lit comme de l’instabilité et un manque d’inspiration.
7. Gebo ᚷ (Prononciation : gué-bo)

Nom et son : la rune « g ». Nom reconstitué gebō, « don ». Seul le poème en vieil anglais lui consacre une strophe, car la rune a disparu du futhark récent utilisé par les Vikings.
Dans les poèmes runiques : la strophe giefu du vieil anglais dit que donner apporte aux hommes honneur et louange, soutien et valeur, et procure aide et subsistance à tout exilé qui n’a rien d’autre.
Lecture moderne : dons, générosité, unité, pardon et sacrifice de soi : un lien réciproque entre deux personnes et l’équilibre dans les relations, qu’elles soient d’affaires, d’amitié ou d’amour. En forme de X, elle se voit pareille dans les deux sens, si bien que les lectures modernes ne lui donnent pas de sens inversé.
8. Wunjo ᚹ (Prononciation : oun-yo)
Nom et son : la rune « w ». Nom reconstitué wunjō, « joie » (vieil anglais wynn). Comme Gebo, elle ne survit que dans le poème en vieil anglais.
Dans les poèmes runiques : la joie appartient à celui qui connaît peu de malheur, de douleur et de chagrin, et qui possède en outre prospérité, bonheur et abondance.
Lecture moderne : satisfaction, euphorie et joie. Cette lecture soutient que les pensées pessimistes attirent l’énergie négative et que les pensées positives apportent l’énergie positive. À l’envers, elle se lit comme l’arrivée d’une période mauvaise et malheureuse.
9. Hagalaz ᚺ (Prononciation : ha-ga-laz)
Nom et son : la rune « h ». Nom reconstitué hagalaz, « grêle » (vieux norrois hagall, vieil anglais hægl).
Dans les poèmes runiques : les trois poèmes appellent la grêle un grain. Le poème en vieil anglais dit que c’est le plus blanc des grains, tourbillonnant depuis le ciel et jeté par les rafales de vent avant de se changer en eau. Le poème norvégien appelle la grêle le plus froid des grains et ajoute que le Christ a créé le monde autrefois ; le poème islandais l’appelle grain froid, giboulée de neige fondue et maladie des serpents.
Lecture moderne : forces destructrices et incontrôlées et colère de la nature, tout ce qui ne dépend pas de la volonté humaine, comme la maladie et les catastrophes naturelles. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
10. Nauthiz ᚾ (Prononciation : naou-thiz)
Nom et son : la rune « n ». Nom reconstitué naudiz, « besoin, détresse » (vieux norrois nauð, vieil anglais nīed).
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que la détresse pèse lourd sur la poitrine, mais qu’elle se change souvent en aide et en guérison pour ceux qui l’écoutent à temps. Le poème norvégien dit que la détresse laisse peu de choix et que l’homme nu gèle dans le givre ; le poème islandais l’appelle le chagrin de la servante, une condition dure et un labeur pénible.
Lecture moderne : besoin, épreuve et stagnation : le début de difficultés qui bloquent vos projets. Pour les surmonter, affrontez vos peurs et provoquez vous-même le changement (un nouvel emploi, par exemple). À l’envers, elle se lit comme la perte de liberté, la pauvreté et la faim.
11. Isa ᛁ (Prononciation : i-sa)
Nom et son : la rune « i ». Nom reconstitué īsaz, « glace » (vieux norrois íss, vieil anglais īs).
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais appelle la glace très froide et glissante, étincelante et claire comme le verre, tout à fait semblable à des joyaux, un sol fait par le gel et beau à voir. Le poème norvégien dit : la glace, nous l’appelons le large pont ; il faut guider l’aveugle. Le poème islandais l’appelle l’écorce des rivières, le toit de la vague et un danger pour les hommes condamnés.
Lecture moderne : glace et hiver : retard, report, arrêt. On dit qu’elle renforce les runes qui l’entourent. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
12. Jera ᛃ (Prononciation : yé-ra)
Nom et son : la rune « j », qui se prononce comme « y » dans l’anglais « year ». Nom reconstitué jēra, « année », au sens de bonne récolte (vieil anglais gēr, vieux norrois ár). Dans le futhark récent, le nom ár a perdu son son j, et la rune est devenue celle du « a ».
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que l’année est l’espoir des hommes quand Dieu, le saint roi du ciel, laisse la terre donner de beaux fruits aux riches et aux pauvres. Le poème norvégien appelle l’abondance un bienfait pour les hommes et dit que Fróði était généreux ; le poème islandais l’appelle un bienfait pour les hommes, un bon été et un champ mûr.
Lecture moderne : bonne récolte, cycles naturels et récompense de l’effort : ce qui a été semé peut enfin être récolté, et une période paisible et heureuse commence. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
13. Eihwaz ᛇ (Prononciation : eï-waz ou i-waz)
Nom et son : son son est incertain. On la transcrit « ï » et parfois « æ », probablement une voyelle entre e et i. Nom reconstitué eihwaz ou īwaz, « if » (vieil anglais ēoh).
Dans les poèmes runiques : seul le poème en vieil anglais couvre cette rune : l’if est un arbre rugueux à l’extérieur, dur et ferme en terre, gardien du feu, soutenu par ses racines, une joie sur le domaine. Les poèmes nordiques se terminent par une strophe sur ýr, « if », que le poème norvégien appelle le plus vert des arbres en hiver et le poème islandais un arc tendu, mais le nom y appartient à une autre rune, la rune R du futhark récent (ᛦ), dont la forme vient d’Algiz.
Lecture moderne : vie et mort, renouveau et l’if. Elle ne se lit pas comme la mort au sens propre, mais comme le signe que tout se renouvelle et renaît. Appeler l’if, qui vit très longtemps, un « arbre de vie » est une idée moderne. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
14. Perthro ᛈ (Prononciation : per-thro)
Nom et son : la rune « p ». Son nom est inconnu. On le reconstitue d’ordinaire en perth- d’après le vieil anglais peorð, un mot qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Le son p était rare en germanique ancien, et cette rune l’est aussi dans les inscriptions.
Dans les poèmes runiques : seul le poème en vieil anglais en parle : peorð est toujours jeu et rire pour les fiers, là où les guerriers s’assoient ensemble avec gaieté dans la salle où l’on boit la bière. Cela évoque un jeu, et les hypothèses vont du pion au cornet de dés ; l’idée courante d’un gobelet pour tirer au sort est une conjecture moderne.
Lecture moderne : un secret, un mystère et des choses cachées qui attendent d’être découvertes. Elle invite à suivre les signes qui se présentent et à se fier à son intuition. À l’envers, elle se lit comme un secret indésirable qui éclate au grand jour.
15. Algiz ᛉ (Prononciation : al-guiz)

Nom et son : la rune « z », un son devenu plus tard le R nordique. Son nom est incertain : on le reconstitue d’ordinaire en algiz, « élan », d’après le vieil anglais eolhx, « souchet » (laîche des marais).
Dans les poèmes runiques : l’eolhsecg du poème en vieil anglais est une herbe de marais qui pousse dans l’eau et blesse cruellement, tachant de sang quiconque tente de la saisir. Les poèmes nordiques n’ont pas de strophe pour elle sous ce nom.
Lecture moderne : instinct, et protection de votre foyer ou de votre refuge contre diverses menaces. À l’envers, elle se lit comme un avertissement ou un danger caché.
16. Sowilo ᛊ (Prononciation : so-wi-lo)
Nom et son : la rune « s ». Nom reconstitué sōwilō, « soleil » (vieux norrois sól, vieil anglais sigel).
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que le soleil est toujours un espoir pour les marins quand ils traversent le bain des poissons, jusqu’à ce que le coursier des mers les ramène à terre. Le poème norvégien appelle le soleil la lumière des terres et s’incline devant le saint jugement ; le poème islandais l’appelle le bouclier des nuages, un rayon éclatant et le destructeur de la glace.
Lecture moderne : santé, lumière du soleil, vitalité et bonne énergie, force d’atteindre vos objectifs et changements positifs dans la vie. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
17. Tiwaz ᛏ (Prononciation : ti-waz)
Nom et son : la rune « t ». Nom reconstitué tīwaz, le dieu Týr (vieux norrois Týr, vieil anglais Tīw).
Dans les poèmes runiques : le poème norvégien appelle Týr le manchot parmi les Ases, et le poème islandais l’appelle le dieu manchot, les restes du loup et le prince des temples, rappelant comment le loup Fenrir lui a arraché la main d’un coup de dents. Le tīr du vieil anglais est un signe qui reste fidèle aux princes et tient toujours son cap dans les brumes de la nuit, ce qui fait penser à une étoile.
Lecture moderne : victoire, courage et guerrier, d’après la forme de la rune qui évoque une lance, et volonté de se sacrifier pour de plus grands buts. À l’envers, elle se lit comme un manque de motivation et une peur de l’échec.
18. Berkana ᛒ (Prononciation : ber-ka-na)
Nom et son : la rune « b ». Nom reconstitué berkanan, souvent écrit Berkano ou Berkana, « bouleau » (vieux norrois bjarkan, vieil anglais beorc).
Dans les poèmes runiques : le poème norvégien dit que le bouleau a les feuilles les plus vertes de tous les arbrisseaux et ajoute une ligne sur la ruse de Loki ; le poème islandais l’appelle une branche feuillue, un petit arbre et un jeune bois frais. Le poème en vieil anglais dit que le beorc ne porte pas de fruit, mais pousse des rejets sans graine, ses branches belles, hautement couronnées et chargées de feuilles ; certains spécialistes pensent que le poète voulait parler du peuplier.
Lecture moderne : naissance, nouveaux départs, famille et proches, et cycle de la vie. Le bouleau, l’un des premiers arbres à verdir au printemps, est lu comme une allusion à la naissance (parfois à une grossesse). À l’envers, elle se lit comme de la stagnation et une progression plus lente vers vos objectifs.
19. Ehwaz ᛖ (Prononciation : éh-waz)
Nom et son : la rune « e ». Nom reconstitué ehwaz, « cheval » (vieil anglais eoh, apparenté au latin equus). Seul le poème en vieil anglais la comporte.
Dans les poèmes runiques : le cheval est une joie pour les princes devant les guerriers, fier sur ses sabots, quand des hommes riches à cheval en parlent, et toujours un réconfort pour les agités.
Lecture moderne : partenariat, loyauté, travail d’équipe, progrès et mouvement. À l’envers, elle n’est pas forcément négative : elle peut simplement signifier un besoin de changement, comme un changement de mode de vie.
20. Mannaz ᛗ (Prononciation : mann-az)
Nom et son : la rune « m ». Nom reconstitué mannaz, « homme, être humain » (vieux norrois maðr, vieil anglais mann).
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que l’homme dans sa joie est cher à son parent, mais que chacun doit faillir à l’autre, car le Seigneur rendra à la terre la pauvre chair. Le poème norvégien appelle l’homme un surcroît de poussière et ajoute que la serre du faucon est puissante ; le poème islandais appelle l’homme la joie de l’homme, un surcroît de la terre et l’ornement des navires.
Lecture moderne : humanité et conscience de soi : l’esprit, la raison, les traditions et les coutumes, et ce que tous les êtres humains partagent malgré leurs différences. À l’envers, elle se lit comme une période creuse et un besoin de se retirer des autres.
21. Laguz ᛚ (Prononciation : la-gouz)
Nom et son : la rune « l ». Nom reconstitué laguz, « eau, lac » (vieux norrois lögr, vieil anglais lagu).
Dans les poèmes runiques : le poème en vieil anglais dit que la mer paraît sans fin aux hommes qui doivent s’aventurer sur un navire ballotté, quand les vagues les terrifient et que le coursier des mers n’obéit plus à sa bride. Le poème norvégien l’appelle l’eau qui tombe de la montagne en cascade ; le poème islandais l’appelle l’eau qui jaillit, un large chaudron et la terre des poissons.
Lecture moderne : courants d’eau, intuition et purification, et appel à suivre votre instinct. À l’envers, elle se lit comme une impasse et un manque de créativité.
22. Ingwaz ᛜ (Prononciation : inn-gwaz)
Nom et son : la rune « ŋ », le son « ng » de l’anglais « sing ». Nom reconstitué ingwaz, d’après Ing, un dieu ou un héros (vieil anglais Ing). Seul le poème en vieil anglais la comporte.
Dans les poèmes runiques : Ing fut d’abord vu chez les Danois de l’Est, jusqu’à ce qu’il reparte plus tard par-dessus les vagues, son chariot courant derrière lui ; c’est ainsi que les Heardingas ont nommé le héros. On le rapproche souvent d’Yngvi-Freyr, le dieu nordique de la fertilité.
Lecture moderne : fertilité, bonheur, croissance intérieure et bon moment, énergie nécessaire pour mener à bien une entreprise, qu’elle soit commerciale, créative ou autre. Les livres modernes la rattachent aussi à la sexualité masculine. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
23. Dagaz ᛞ (Prononciation : da-gaz)
Nom et son : la rune « d ». Nom reconstitué dagaz, « jour » (vieil anglais dæg). Les plus anciennes rangées complètes ne s’accordent pas sur les deux dernières runes : la pierre de Kylver se termine par Dagaz puis Othala, la bractéate de Vadstena par Othala puis Dagaz.
Dans les poèmes runiques : seul le poème en vieil anglais en parle : le jour est le messager du Seigneur, cher aux hommes, la lumière glorieuse du Créateur, une joie et un espoir pour les riches et les pauvres, utile à tous.
Lecture moderne : appelée la « rune de l’aube » dans les livres modernes : espoir, sortie des ténèbres, changement radical et transformation de soi. Avec une volonté forte, dit cette lecture, même l’obscurité peut être changée en lumière. Les lectures modernes ne lui donnent pas de forme inversée.
24. Othala ᛟ (Prononciation : o-tha-la)

Nom et son : la rune « o ». Nom reconstitué ōþila, aussi écrit Othala ou Othila, « terre héritée, domaine ancestral » (vieil anglais ēþel). Seul le poème en vieil anglais la comporte.
Dans les poèmes runiques : un domaine est très cher à tout homme, si dans sa maison il peut jouir de ce qui est juste et convenable dans une prospérité constante.
Lecture moderne : héritage ancestral et puissance spirituelle, lien avec les ancêtres et soutien de la famille dans les décisions de la vie. À l’envers, elle se lit comme des relations familiales tendues.
Concluons notre récit sur la signification des runes du futhark ancien
Chers frères vikings, nous voici au terme de notre récit sur la signification des runes du futhark ancien. Comme nous l’avons dit plus haut, le sujet est assez complexe, et nous avons essayé de l’expliquer le plus simplement possible.
Nous espérons que vous voyez maintenant plus clairement ce que chaque rune du futhark ancien signifiait dans les poèmes runiques et comment on la lit aujourd’hui, à l’endroit et à l’envers. N’oubliez pas que les Vikings écrivaient eux-mêmes avec le futhark récent de 16 runes, sur des pierres commémoratives, des outils, des bijoux et des bâtonnets de bois.
Notre boutique propose un grand choix de bijoux à thème runique et de vêtements symboliques à thème runique.
Quoi qu’il en soit, que le Père de tous vous protège jusqu’à notre prochaine rencontre,
Skål !
FAQ sur les runes du futhark ancien
Qu’est-ce que le futhark ancien ?
Le futhark ancien est le plus vieil alphabet runique : 24 runes employées d’environ 150 à 800 apr. J.-C. par les peuples germaniques, dont les ancêtres des Norrois. Son nom vient des sons de ses six premières runes, f, u, th, a, r et k : Fehu, Uruz, Thurisaz, Ansuz, Raidho et Kenaz. À l’époque viking, les Scandinaves écrivaient en revanche avec le futhark récent de 16 runes.
Combien y a-t-il de runes dans le futhark ancien ?
Vingt-quatre, réparties en trois rangées de huit appelées ættir, une division déjà marquée sur des bractéates en or de Suède fabriquées vers le VIe siècle. La tradition islandaise ultérieure a nommé les trois groupes du futhark récent de 16 runes l’ætt de Freyr, l’ætt de Hagall et l’ætt de Týr, et ces noms servent aujourd’hui aussi pour ces rangées ; attribuer chaque rangée à des dieux comme Freyr et Freyja, Heimdall et Tyr est un usage moderne.
D’où vient la signification des runes du futhark ancien ?
Chaque rune portait un nom qui était un mot ordinaire, comme Fehu, « bétail », donc richesse, Hagalaz, « grêle », et Tiwaz, le dieu Týr. Aucune liste des noms du futhark ancien ne nous est parvenue de l’époque ; ils sont reconstitués à partir de trois poèmes runiques médiévaux, en vieil anglais, en norvégien et en islandais. Les significations à l’endroit et à l’envers utilisées aujourd’hui dans les tirages de runes viennent de la divination moderne.
Que signifie une rune inversée ?
Dans la divination runique moderne, une rune tirée à l’envers ou en miroir (merkstave) se lit avec un sens affaibli ou opposé. C’est une pratique du XXe siècle, popularisée par The Book of Runes de Ralph Blum en 1982 ; aucune source de l’époque viking ne décrit de lectures inversées. Les runes qui se voient pareilles dans les deux sens, comme Gebo, Hagalaz, Isa, Jera, Eihwaz, Sowilo, Ingwaz et Dagaz, n’ont pas de forme inversée.
À quoi servaient les runes ?
C’étaient des lettres pour écrire plusieurs langues germaniques : noms, hommages, marques de fabricant et de propriétaire et messages, gravés sur la pierre, le bois, l’os et le métal. Certaines inscriptions et certains poèmes de l’Edda emploient aussi les runes comme charmes, pour la victoire, la guérison ou une traversée sans danger. L’idée que chaque rune représente une force cosmique est moderne.
Comment écrire mon prénom en futhark ancien ?
Utilisez notre traducteur de runes gratuit pour convertir n’importe quel nom ou mot en runes du futhark ancien, puis copiez le résultat ou téléchargez une carte.
Explorez chaque rune en détail. Les 24 guides, dans l’ordre du futhark ancien, regroupés en trois ættir :
L’ætt de Freyr : Fehu, Uruz, Thurisaz, Ansuz, Raido, Kenaz, Gebo, Wunjo.
L’ætt de Hagall : Hagalaz, Nauthiz, Isa, Jera, Eihwaz, Perthro, Algiz, Sowilo.
L’ætt de Týr : Tiwaz, Berkano, Ehwaz, Mannaz, Laguz, Ingwaz, Othala, Dagaz.
Voir aussi le guide complet des runes vikings, ou écrivez votre prénom en runes avec notre traducteur gratuit.